Inteview de Sophie Mayeux : photographe indépendante

LES COLLECTIONS DU FAUBOURG

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Sophie Mayeux est photographe indépendante depuis 2007 suite à une reconversion professionnelle. Elle a rejoint le projet démarré par son mari 3 ans plus tôt, la création d’un studio de photographie. Le studio se développait et nécessitait un investissement humain plus important.

Cet article va se focaliser essentiellement sur « Les Collections du Faubourg » gérées par Sophie depuis Décembre 2015. Il s’agit d’une activité parmi tant d’autres du studio.

« Notre objectif au studio est de sans cesse proposer des choses différentes et d’autre manières de faire ou de regarder la photographie, pour proposer un autre regard sur le monde. »

N’hésite pas à consulter sa page Facebook : Clique ici

En quoi les Collections du Faubourg se différencient de ce que proposent les autres ?

Tout d’abord, les objets sont réalisés à partir de mes propres photographies. Elles montrent ma vision du ciel, de la plage, de la nature. Ce sont des objets que tout le monde ne peut pas avoir, sauf si vos amis sont aussi des fans des Collections du Faubourg, car ils sont fabriqués en très petite série pour garder la dimension unique et artistique. Je limite mes tirages à trente exemplaires, comme un tirage d’art.

De plus, nous proposons des matériaux authentiques : de véritables tirages photographiques, collés sur du vrai bois. Tous ces objets sont fabriqués dans la métropole lilloise.

Le fait que les photographies soient présentées sur des carrés de bois les rend plus accessibles par rapport à un cadre fixé au mur. Ici, c’est un objet que l’on peut toucher, bouger, ça rend la photo plus vivante.

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« Des petits moments de bonheur à éparpiller autour de soi »

Vous dites que vous faites fabriquer vos objets dans la métropole lilloise. C’est important pour vous d’acheter des produits locaux ?

Oui, réellement ! C’est important de faire travailler les entreprises locales. C’est ma manière de participer à l’économie du territoire. Cela me permet aussi d’avoir un objet plus personnalisé, car je peux échanger avec mon fournisseur qui est d’ailleurs devenu un vrai partenaire. Nous avons une relation humaine, chaleureuse et de confiance. Il est venu me voir sur mon stand sur le salon 48h Déco qui s’est déroulé sur Lille au début du mois de Novembre 2016. Il était content de voir comment son produit fini était mis en scène.

Je l’implique dans la création. Nous cherchons ensemble des solutions pour améliorer le produit. J’ai mis un peu de temps à trouver quelqu’un qui sache faire exactement ce que j’attendais. C’est donc important d’entretenir ce partenariat.

Vous proposez différents thèmes de photographies. Vous les travaillez tous en même temps ou vous travaillez sur un seul thème à la fois ?

Non, je suis mon inspiration, je ne suis pas forcément portée par les modes ni les tendances. Cette année par exemple, j’ai été très inspirée par les hortensias. Ce sont mes fleurs préférées, qu’elles soient fraîches ou séchées. Je n’ai pas besoin d’aller très loin pour me rendre compte que la nature est belle. Mon jardin est pour moi une très bonne source d’inspiration. Il suffit de regarder le monde simplement.

J’adore les promenades surtout en bord de mer, cela me vide l’esprit. J’aime y chopper des petits instants, des petits moments de bonheur. Quand je regarde par exemple mes  photographies prises lors de ces promenades, j’entends les enfants qui jouent, les vagues qui roulent sur le sable, je sens le soleil. Mes photos servent à s’évader.

Finalement, mes inspirations principales de cette année auront été les promenades, la plage et la nature.

« LE BANC, NOIRMOUTIER »

J’ai pris le temps de découvrir les différents thèmes que vous proposez actuellement et j’aime beaucoup celui que vous appelez « Le banc, Noirmoutier ». J’aimerais savoir si ces 3 photographies ont une signification pour vous ? Ou au contraire, c’est purement intuitif ?

C’est intuitif : c’est typiquement le style de photographie que je fais en mode instantané. C’est-à-dire que je photographie comme si j’avais un appareil photo Polaroïd avec moi.

Nous étions en vacances à Noirmoutier, nous logions près d’un parking où se trouvait ce banc face à la mer. Tous les jours, un camion de glaces passait et les enfants allaient et venaient à cet endroit. Je les accompagnais pour acheter une friandise et lorsque je passais au niveau du banc, il y avait souvent quelqu’un : une personne qui se reposait, des gens à vélo qui s’arrêtaient pour faire une pause… Moi je prenais juste des photos, en passant.

En faisant le tri, j’ai remarqué que j’avais souvent photographié ce même banc, ce même endroit. C’est à ce moment que j’ai décidé de créer cette série. On peut s’amuser à raconter une histoire. Celle que j’ai imaginée est celle d’un couple qui fait le tour de l’île à vélo et décide de s’asseoir sur le banc pour se reposer.

 

 

 

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« Un banc, c’est un beau lieu. On peut y parler, on peut ne rien dire. On peut se regarder ou regarder la mer, on peut sentir le vent ou la personne à côté de soi. C’est bon de s’asseoir sur un banc. Je prends souvent les bancs en photo. Selon moi, c’est un endroit idéal pour rêver et refaire le monde. Et lorsqu’il y a des gens assis, le banc est vivant ! »

 

Les photos sont donc spontanées du coup ? Il n’y a pas de préparation… Ce n’est pas fait exprès d’avoir pris un couple assis sur le banc.

Non elles ne sont pas préparées puisque je photographie des instants. Si des personnes sont présentes sur les photos, il faut que chacun puisse s’identifier à elles pour se projeter dans l’histoire que la photo raconte.

Oui c’est important pour vous que les clients puissent s’approprier vos photos.

« Elles racontent une histoire, celle que vous inventerez en les regardant ».

Je suis heureuse quand une personne achète une de mes photographies parce qu’elle lui inspire un souvenir de vacances, un sentiment de bonheur. C’est super ce type de retour.

Ces trois photos sont-elles travaillées sur l’ordinateur ?

Je peux appliquer un filtre au moment ou après la prise de vue, en fonction du sentiment que je souhaite que l’on éprouve en regardant la photographie. J’apporte un soin particulier au cadrage aussi. C’est important parce qu’un certain cadrage ne racontera pas la même histoire qu’un autre. Et c’est tout, je ne passe pas des heures à travailler mes photos. Sinon ce ne serait plus de la photo instantanée.

 

LES PETITS +

Pour l’année 2017, y a-t-il des thèmes que vous avez en tête ? Autres que ceux de cette année (la nature, la plage et les promenades).

Je ne sais pas encore. Ces thèmes vont perdurer car ils ne sont pas épuisés : il y a encore pleins de choses à y voir.

Le seul thème auquel j’ai un peu réfléchi, serait une série sur Lille. Une série à ma manière, un regard doux et poétique sur la ville. J’aimerais revisiter les clichés de la ville, par exemple les clichés culinaires comme les moules-frites, la bière… Enfin, cela n’est qu’une idée pour l’instant.

A quel moment de la journée ou de l’année préférez-vous photographier ?

J’aime photographier pendant l’été. La lumière est chaude, et puis l’été, on est un peu plus décontracté et dans le lâcher prise. Le ciel est bleu, il y a la mer, la plage… On est plus joyeux.

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L’hiver ne vous inspire donc pas ?

Pour l’instant, je n’ai pas encore fait de photographies durant des promenades en hiver.

Qu’est-ce que vous adorez par-dessus tout dans ce que vous réalisez ?

La liberté de faire ce que l’on veut quand on veut. Je peux décider seule de travailler sur un projet qui me tient à cœur, et des moyens à mettre en œuvre. Je gère mon temps de manière autonome.

Si ça ne fonctionne pas, je peux me réadapter très vite. Si ça ne fonctionne toujours pas, je me dis que j’ai essayé et je me réoriente de manière à aller de l’avant.

Cette agilité est devenue très importante pour nous au studio.

Enfin, j’aime la liberté d’expression sous toutes ces formes.

Pour finir, quels sont les petits conseils que vous pourriez donner aux photographes passionnés et débutants ?

Regardez les choses comme si vous les voyiez pour la première fois. Par exemple, si je fais ma série sur Lille, je vais essayer de visiter Lille comme si je la visitais pour la première fois. Regardez les choses naïvement, sincèrement, sans filtre. Émerveillez-vous et prenez votre photo.

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« Regarder avec vos yeux d’enfants »

Faites les photos que vous aimez, photographiez, photographiez et surtout faites-vous plaisir.

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